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Une pédiatre pas comme les autres (Dr. Martha Herbert)

Selon elle, nous avons beaucoup plus de pouvoir pour contrer l’explosion récente des maladies chroniques infantiles que la plupart des médecins le reconnaissent. (Lire notre article Maladies chroniques infantiles : la voie du rétablissement, sur les solutions qu’elle recommande aux parents.) Prenons l’autisme, son champ d’expertise. « On constate une courbe ascendante depuis les année 1980 et 90. Bien sûr, il y a ce débat qui s’envenime à savoir si on observe de réelles hausses ou si on est seulement plus conscients des symptômes. Je crois que c’est un débat ridicule car il est évident que si les gens sont plus à l’écoute, ils remarqueront les comportements plus subtils des autistes. Mais c’est aussi un débat politique, car si des facteurs environnementaux contribuent à la maladie, des gens dont les intérêts sont menacés ne veulent pas que cette connexion soit établie. »

Quant aux gens qui ne sont pas en conflit d’intérêts, selon elle un autre facteur les plonge dans le déni ou le scepticisme par rapport à l’origine environnementale des maladies. « Pour la plupart d’entre eux, il est simplement trop horrifiant d’accepter que nous pourrions nous causer des torts à nous-mêmes ainsi qu’à d’autres espèces et que les autorités dans lesquelles nous avons investi notre confiance ne nous protègent pas. Nous sommes tous dans le même pétrin de l’hyperconsommation et de la culture jetable. Chacun veut son nouveau jouet numérique et tous ces biens dont nous n’avons pas vraiment besoin. »

Au chapitre du cancer, cette maladie a augmenté d’au moins 1 % par année chez les enfants depuis 30 ans et l’augmentation fut de 40 % en 16 ans (1998-2014) au Royaume-Uni. La principale cause est la pollution de l’air, selon le professeur Denis Henshaw de l’Université de Bristol. Et il faut tenir compte des polluants émergents comme les perturbateurs endocriniens et les radiofréquences, selon Dr Herbert. « Un de mes amis travaille pour une agence environnementale et il souligne qu’il faut être prudent avec les nombreux produits chimiques reconnus comme dangereux. Le problème, c’est qu’il se fait très peu de bons tests toxicologiques sur les produits chimiques. Un autre ami sénateur m’a dit que les villes n’ont l’obligation de tester qu’environ 20 des 1200 produits chimiques dans l’eau, cela varie d’un endroit à l’autre. »
Et quels sont les principaux polluants dont on devrait s’inquiéter?

« Je ne sais trop comment vous répondre. Il existe de nombreuses façons de classer les effets directs et indirects des polluants sur le système nerveux. Le mercure et plusieurs autres produits neurotoxiques ont des effets directs qui ciblent des procédés critiques pour les fonctions ou le développement cérébral. Que savons-nous vraiment sur la manière dont les polluants interfèrent avec les communications entre molécules ou bloquent le fonctionnement des enzymes? Les effets indirects sont par exemple des changements oxydatifs et l’inflammation qui endommage les mitochondries [qui produisent l’énergie dans le corps]. Ces changements favorisent des dommages collatéraux [comme le cancer] qui m’inquiètent. Les stratégies de recherche sont trop réductionnistes et restrictives. Elles nous poussent à rechercher des effets spécifiques et à ignorer les dommages collatéraux. Il y a quelques années, un neurotoxicologue réputé et bien intentionné disait qu’après de nombreuses années à travailler avec des cliniciens de l’autisme, il en est venu à la conclusion qu’une fois que vous avez subi une exposition toxique, vous ne pouvez rien y faire. Je pense que c’est vraiment une forme particulière d’ignorance! La plupart des chercheurs veulent être politiquement corrects ou ne sont pas des cliniciens. Même la plupart des cliniciens ne lisent pas assez. »

Les parents ne doivent pas perdre espoir car le cerveau et les autres organes fonctionnent mieux lorsque le corps est désintoxiqué, explique Dr Herbert.

« Souvent, plusieurs mécanismes de désintoxication fonctionnent plus ou moins bien pour affronter les dommages collatéraux, par exemple pour réduire l’inflammation. Il faut lire le livre phare Chemical Exposures : Low Levels and High Stakes [Expositions chimiques : faibles doses et enjeux élevés, Ashford & Miller, 1997]. Historiquement, la médecine environnementale a été marginalisée. C’est l’héritage laissé par mon collègue bien intentionné dont je vous parlais plus tôt. C’est vraiment un bon gars, un des meilleurs, mais il n’a aucune idée de l’énorme littérature scientifique dans ce domaine. Des chercheurs courent à droite et à gauche et sourcillent quand on en parle ; d’autres ignorent totalement ces connaissances. Il y a un énorme besoin de formation car rien ne les aide à voir les avenues d’intervention potentielles. C’est terrible de constater le nombre de personnes qui ne vont pas vraiment aussi bien qu’elles le pourraient si elles n’étaient pas hypothéquées par la pollution. »

La neuropédiatre rêve du jour où la prévention des maladies environnementales deviendra une priorité de recherche.

« Présentement, quand je participe à un événement organisé par mon département ou mon institution, je m’ennuie. Une étude internationale a prédit qu’en 2048, il n’y aura plus aucun poisson vertébré sur la planète. Alors pourquoi diable veut-on faire tous ces essais de médicaments? Je suis en mode de profonde réévaluation sur l’usage de mon temps, à cause de l’échelle de la crise environnementale actuelle. Le problème des changements climatiques n’évoque pas toute l’ampleur de celle-ci. »

L’autisme touche aujourd’hui environ un enfant sur 68! www.sciencedaily.com/releases/2016/03/160331154247.htm
Et est-il vrai que l’on a définitivement écarté toute possibilité que la vaccination massive ait contribué à l’épidémie d’autisme?

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