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Nos bébés, nos enfants et la pollution chimique dans nos maisons

L’être humain, de par ses activités, a provoqué des modifications importantes au niveau de son environnement. Celles-ci ont contribué à voir émerger des termes tels que « changements climatiques », « déséquilibre de la biosphère » ou, depuis la fin du 20e siècle, « santé environnementale ». Ce dernier consiste à comprendre et à mettre en lumière les problèmes de santé reliés à la pollution ou à la détérioration de l’environnement. Les conséquences de nos activités et habitudes de vie sur notre santé ont de multiples facettes. Il en est une qui inquiète le monde médical et scientifique depuis quelques décennies : les perturbateurs endocriniens (PE). Les effets perturbateurs de ces nombreuses substances chimiques synthétiques crées par l’homme sont de plus en plus pointés du doigt et des liens entre des expositions continues à ces molécules présentes dans de nombreux produits industriels et domestiques, et l’augmentation de maladies sont de plus en plus validés par des études et recherches scientifiques. Bien entendu, nous ne pouvons attribuer toutes les maladies et troubles de la santé à l’exposition aux PE, mais il serait erroné et faux de ne pas prendre en considération le fort impact de ces molécules sur notre santé mais aussi sur la santé de nos écosystèmes.

Un rapport historique a été publié en 2013 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les effets pour l’homme de l’exposition aux perturbateurs endocriniens chimiques (3). Celui-ci fait ressortir la nécessité de poursuire les études sur cette question. « Nous devons mener d’urgence davantage de recherches afin de mieux connaître les conséquences sanitaires et environnementales des perturbateurs endocriniens », a dit le Dr María Neira, directeur du département Santé publique et environnement de l’OMS. Des conséquences sanitaires devant lesquelles nous ne sommes pas tous égaux. En effet, les enfants sont de loin la population la plus à risque et la plus sensible face aux PE. Non seulement les PE ont une action directe sur leur métabolisme, mais des conséquences sont à craindre pour leur vie adulte. L’effet transgénérationnel de certains PE montre aussi que le risque sanitaire ne concerne pas uniquement la personne qui est exposée, mais aussi sa descendance (4).

Mais que sont donc ces PE ? Pourquoi les enfants sont-ils plus vulnérables ? Que sont les ‘fenêtres de vulnérabilité’ ? Qu’est-ce que l’effet cocktail ? Comment se protéger et protéger nos enfants ? C’est ce à quoi nous tenterons de répondre dans les prochaines lignes.

Que sont ces perturbateurs endocriniens ?

Un perturbateur endocrinien est une molécule qui mime, bloque ou modifie l’action d’une hormone et perturbe le fonctionnement normal d’un organisme. Quand on sait que le système hormonal est celui qui permet l’autorégulation du fonctionnement du corps (taux de sucre et de gras dans le sang, sommeil, etc.), on peut facilement imaginer que des substances chimiques inappropriées qui viennent se substituer aux hormones naturelles ou endogènes pourraient avoir des conséquences importantes sur notre santé.

Selon l’Environmental Working Group, les douze PE les plus nocifs et leurs principales sources sont :

1. l’arsenic inorganique (engrais, pesticides, eau fluorée, contamination naturelle des puits, vieux bois traité);
2. l’atrazine (un pesticide);
3. le bisphénol A ou BPA (biberons, bouteilles et cruches d’eau en polycarbonate, enduit des boîtes de conserve, résine époxy, scellant dentaire, reçus de caisse, jouets pour enfants, couvercles de bocaux de conserve, CD et DVD);
4. la dioxine (incinérateurs, feux de barils, papier blanchi et autres produits chlorés, cimenteries, combustion d’essence);
5. les éthers de glycol (antigel, peinture au latex, encre);
6. le mercure (amalgames dentaires, gros poisson, éclairage fluorescent);
7. les produits perfluorés (antiadhésifs, antitaches et imperméabilisants); 8. le plomb (plomberie, vieille peinture, contenants en cristal, céramiques avec glaçure);
9. les phtalates (plastifiants, vinyle souple);
10. le perchlorate (essence de fusée contaminant les sols et l’eau de surface);
11. les pesticides organophosphates;
12. les ignifugeants (retardateurs de flamme dans les tissus et divans).

Les perturbateurs endocriniens peuvent agir à de très faibles doses, comme le font naturellement les hormones. Certaines molécules ont des effets néfastes directement sur les personnes exposées, pour d’autres, l’effet peut survenir chez les générations suivantes. L’action des PE est parfois si discrète que les effets sont difficiles à associer et à mettre en évidence. La complexité du système hormonal ajoute en difficulté à l’établissement de causes à effets.

Au cours de notre vie, nous passons par des périodes de très forts changements physiologiques, physiques et psychologiques. Chaque période a ses caractéristiques mais toutes sont le lieu de fortes modifications hormonales. Les fœtus, les bébés et les jeunes enfants sont en plein développement et sont ainsi particulièrement plus sensibles aux expositions aux PE. Leur métabolisme, leur physiologie et les phénomènes biochimiques dans leurs corps sont différents de ceux des adultes et l’action des PE a des conséquences bien plus importantes.

Avant d’agir, les perturbateurs endocriniens doivent trouver une voie d’entrée dans le corps. Les principales portes d’entrée pour ces substances toxiques sont la bouche, le nez et la peau. Par la bouche pour les aliments et liquides que nous ingérons, mais aussi pour les cosmétiques comme les baumes ou rouges à lèvres, les dentifrices, rince-bouche, médicaments), par la poussière ingérée lorsque l’on porte des mains ou des objets à la bouche, par les vapeurs, parfums et poussières inhalées ou par l’absorption par la peau. Celle-ci absorbe beaucoup plus que l’on ne croit. Ainsi, des molécules actives peuvent se retrouver dans le sang et agir sur notre métabolisme. Hydratants, savons et autres produits de soins corporels peuvent donc entraîner l’absorption de perturbateurs endocriniens par la peau.

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